Messieurs, nous vous écoutons… Mesdames, vous écoutez !
Sans rire, et sans caricaturer, on pourrait presque décrire ainsi la répartition des rôles dans les réunions. Qu’elles soient associatives ou politiques, publiques ou bien privées, les réunions sont là où commence l’effacement des femmes de la sphère publique. Elles constituent donc un objet d’observation fondamental pour comprendre la situation des femmes aujourd’hui. En réunion – faites l’expérience, vous serez très surpris - les femmes prennent en général moins la parole, moins longtemps, généralement plus pour poser des questions que pour donner un avis et régulièrement, le niveau d’écoute dans l’assemblée baisse lors de leur intervention.
Pourquoi cette mise à l’écart ? « Elles n’ont qu’à intervenir si elles veulent, rien ne les en empêche ! ». Rien, en effet, ou presque : « juste » quelques constructions sociales qui se reproduisent depuis des millénaires et qui laissent aux hommes la gestion de la sphère publique tandis que les femmes sont reléguées à la sphère privée. Beaucoup d’entre nous ont – souvent inconsciemment - intériorisé les « rôles » attribués aux femmes : mère, conjointe, femme d’intérieur. Ces rôles et les stéréotypes qui les accompagnent s’accordent peu avec la prise de parole en public, l’envie de convaincre ou d’exercer des responsabilités.
A nous, femmes et hommes, de prendre conscience que ces carcans existent pour les interroger et nous en débarrasser. Les hommes, souvent à la place de l’animateur, en faisant attention à ce que tout le monde prenne la parole et les femmes, qui s’autocensurent régulièrement, en n’hésitant jamais à donner leur avis. C’est notamment de cette manière que nous atteindrons la parité : en permettant aux femmes d’occuper l’espace, donc de progresser et de prendre des responsabilités.
Linda Ramoul
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