« Les nouveaux pères, ces héros ! »

Catégories

Cela fait au moins trente ans qu’on nous annonce en grande pompe que les nouveaux pères sont arrivés. Un peu comme on fête chaque année le beaujolais nouveau. On ne cesse de s’extasier sur ces pères « nouveau cru », qui poussent des poussettes, lisent des livres et biberonnent des bébés. C’est merveilleux : des Jude et des Brad en multiples exemplaires.
Pourtant, loin de cet imaginaire collectif relayé par les journaux féminins et masculins, la réalité est plus dure. 80% des tâches ménagères sont assumées par les femmes. Et si 20% des pères se déclarent prêts à prendre un congé parental, ils ne sont que 3 % à le faire réellement. En réalité, c’est donc sympa de pouponner ou faire du vélo mais au final, qui a l’ouïe bizarrement assez fine pour entendre les enfants pleurer la nuit ? Qui pose une journée pour s’occuper de Zoé, bronchiolite déclarée ? Qui étend les 250 bodies de Gaspard (et 3 lessives en retard) ? Qui a des post-it « to do » (pas tout doux) plein la tête pour gérer la logistique domestique ? Qui aménage ses horaires de travail pour rentrer donner le bain ? 8 fois sur 10, ce sont les femmes. Et quand, 2 fois sur 10, c’est votre tour, messieurs, c’est l’extase. Si, si, rappelez-vous, la dernière fois que vous avez fait une quiche. C’était merveilleux.
Certes, certaines tâches sont aujourd’hui volontiers effectuées par les hommes, chose inimaginable il y a 50 ans. Les choses progressent donc. Doucement. Mais si la répartition équitable des tâches ménagères pouvait devenir un peu plus rapidement un réflexe pour chacune et chacun, ça ne serait pas « mâle »...

Julie Muret

A lire : Pas si super, ces nouveaux pères ? par D. Werner, in Elle, 23/10/09

Pour lire l’intégralité du journal, CLIQUEZ ICI