"La mobilisation est plus que jamais nécessaire" : interview de Rachel Silvera

Rachel Silvera est maîtresse de conférences à l’Université Paris X Nanterr et membre fondatrice du groupe de recherche européen du CNRS MAGE (Marché du travail et genre en Europe). Cette interview a été réalisée à l’occasion du colloque du 9 octobre sur l’égalité femmes / hommes.

D’où vient l’idée d’organiser ce colloque ?
Il y a quelques mois, avant la crise que l’on connaît, le CNDF (Collectif National pour les Droits des Femmes) a interpellé les chercheurs sur les menaces qui pèsent sur les droits des femmes. Alors qu’un certain nombre de mesures de politiques de l’emploi et de politique économique émergent, que les débats sur l’égalité femmes-hommes dans le champ politique sont nombreux, les inégalités de genre ne cessent pourtant de s’accroître. Nous avons donc souhaité l’organisation de ce colloque avec le CNDF (Collectif National Droits des Femmes), la Mairie de Paris et le MAGE (Groupe de recherche Marché du Travail et Genre) afin d’établir un partenariat avec l’ensemble des acteurs : les associations, les élus et le monde de la recherche, ainsi que des acteurs syndicaux.

Quel est l’objectif d’un tel événement ?
Notre volonté est de sensibiliser sur la question de l’égalité qui est aujourd’hui inscrite dans notre droit mais qui n’est malheureusement pas réelle. C’est une façon de montrer la perversité de notre système.
Deux objectifs sont visés. Le premier est de renforcer la recherche dans ce champ et de faire en sorte que tous les dispositifs mis en œuvre soient analysés sous l’angle du genre. Le deuxième est d’interpeller et mobiliser tous les acteurs.

Quels sont selon vous les enjeux actuels sur la question des droits des femmes ?
Selon moi, il s’agit de faire appliquer la loi. Celle de mars 2006 prévoit des sanctions pour les entreprises qui ne jouent pas le jeu de l’égalité salariale. Il est temps que ces sanctions soient mises en place. Il s’agit également de se battre contre la précarité et la dégradation des conditions de travail de nombreuses femmes

Un dernier mot pour les militantes et les militants féministes ?
Il me semble qu’aujourd’hui la mobilisation est plus que nécessaire. Les nouvelles générations ont le sentiment que tout est acquis mais ce n’est pas le cas. Le rôle des associations est primordial pour faire pression sur les pouvoirs publics. Je vous souhaite bon courage dans ce combat.

Propos recueillis par Aude Lemoussu