JF échange culotte de cheval contre poignées d’amour pour l’été. Urgent

« Dis donc toi, tu n’aurais pas forci un peu ? Tu devrais faire gaffe. ». Vous avez sans doute déjà entendu cette phrase… des milliers de fois. Elle est suivie de l’impitoyable regard - de haut en bas - et d’un conseil plus ou moins avisé : « tu devrais essayer la crème maigrivit, elle fait des miracles sur la culotte de cheval ! ». Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi cette phrase n’était quasiment jamais destinée à Pierre, Karim ou Bryan, le champion du ventre à bière du quartier ? Différence de taille : lui, il n’est pas gros, il a juste des « poignées d’amour ».

En matière de poids, comme dans tous les autres domaines, l’égalité femmes – hommes n’est pas d’actualité. Nous ne sommes pas logés à la même enseigne : « culotte de cheval » pour les filles, « poignées d’amour » pour les garçons. Les poignets d’amour, c’est tellement mignon que l’on pourrait penser qu’il s’agit d’un jouet commandé à Noël. Culotte de cheval, rien à faire, c’est beaucoup moins glamour.

La bedaine n’a en réalité pas le même sens pour les uns et les unes. Le ventre masculin est un symbole d’opulence et de pouvoir : pensez à l’homme d’affaire prospère et bedonnant des séries, livres pour enfants et magazines. Un ventre épais devient par contre un signe de faiblesse et de manque de discipline chez la femme : « si elle n’est pas capable de se nourrir uniquement de carottes et de céleri et refuse de courir 40 km dans une tenue de sudation, qu’on la brûle avec ses vilaines calories ! »

Des magazines aux publicités en passant par le cinéma, la pression sur le corps est omniprésente pour tous. Pourtant, elle ne s’exerce pas avec autant de force sur le corps des hommes que sur celui des femmes. Plutôt que rêver d’une société aseptisée où tout le monde rentrerait dans le moule de l’ « homme parfait » et sa merveilleuse compagne la « femme sublime », lâchons un peu de lest à tout le monde et laissons tomber le vocable animalier pour parler de nos formes !

Laure Jouteau

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