Du 31/03 au 8/05 - Pièce de Théâtre : ÇA [LE SILENCE TUE]

«Ça.» C’est le mot qu’utilisent souvent les victimes pour ne pas dire viol.

En 2010 ce crime est encore un énorme tabou en France, alors qu’une femme y est violée toutes les 10 minutes. Pour rendre la parole à celles et ceux qui se taisent, Catherine Decastel a écrit et mis en scène une pièce intelligente et globale.

ÇA [LE SILENCE TUE]
Du 31 mars au 8 mai à 19h (sauf dimanche 16h) au Théâtre de la REINE BLANCHE
2 bis passage de la ruelle, Paris 18ème, métro La Chapelle
Réservation 01 40 05 06 96, ou sur billetreduc.com

L'auteure articule un ballet de corps indistincts :
«Ils représentent l’humanité, partout, de tout temps. Il n’y a ni lieu, ni époque. Juste une vérité qui dure depuis la nuit des temps. Juste un fléau qui touche potentiellement tout le monde, toutes les femmes au monde. Il y a la douleur. Il y a le silence. Il y a des révoltes. Peu de révoltes. Trop peu de révoltes par rapport à l’immensité des victimes. Trop de victimes. Trop de silence. Trop de honte de la part des victimes. Trop peu de honte de la part des bourreaux. Il y a des bourreaux riches. Il y a des bourreaux pauvres. Il y a des bourreaux libres. Trop de bourreaux libres...
Et la douleur qui fait que toute une vie, que des millions de vies basculent. Il y a pour les victimes, une journée qui marque à vie, au fer rouge.»

En plus d’un texte riche et d’une mise en scène saisissante, ce qui nous trouble ce sont les victimes qui s’expriment, mais aussi, et ce qui est plus rare, les témoins qui ne veulent pas voir, et les bourreaux qui abîment.
C’est que la pièce nous plonge dans différentes situations : le viol incestueux, le viol conjugal, le viol homosexuel, le viol collectif, la pédophilie récidiviste...
C’est qu’elle nous montre que la majorité des viols ne sont pas le fait d’un inconnu la nuit dans un couloir de métro, mais se déroule dans la sphère privée ; avec un parent, un ami, un collègue en qui on a confiance, quelqu’un qui fait partie de notre quotidien.
A l’appui de statistiques mondiales officielles mais méconnues, cette pièce ne fait pas qu’exposer et raconter, elle informe, nous réveille, car peu se figure aujourd’hui la réalité et l’ampleur de ce fléau.
A nous de nous poser la question de savoir ce qui permet, encore aujourd’hui, et ce même dans nos sociétés occidentales, que le viol déchire tant de vies.

Typhaine Duch