Communiqué de presse d'Osez le féminisme sur le droit à l'avortement
Communiqué de presse – Mardi 2 février 2010
Le droit à l’avortement en danger :
passons des déclarations aux actes !
Le rapport rendu public aujourd’hui par l’inspection générale des affaires sociales confirme un problème pointé du doigt par toutes les associations féministes depuis plusieurs années : en matière de droit à l’avortement, la loi n’est aujourd’hui pas respectée. Le droit à l’avortement n’est pourtant pas un sujet mineur : 40% des femmes y auront recours au cours de leur vie.
Osez le féminisme se félicite d’entendre la ministre de la Santé affirmer sa volonté de défendre le droit des femmes à disposer de leur corps, en renforçant l'éducation à la sexualité. Cela ne suffira pas à garantir le droit à avorter dans de bonnes conditions. Pour ceci, il est nécessaire lorsque les centres IVG cessent de fermer et que les délais légaux soient respectés.
Que prévoit aujourd’hui la loi ?
- Que trois heures d’enseignement à la sexualité soient dispensées aux élèves pour chaque année de la maternelle à la terminale. Combien de personnes peuvent affirmer en avoir bénéficié ? Le rapport de l’IGAS souligne d’ailleurs que sur l’information et l’éducation à la sexualité à l’école n’est pas perçue ni appliquée comme une obligation légale.
- Que chaque structure hospitalière de gynécologie obstétrique accueille un centre d’orthogénie et permette aux femmes d’avorter selon la méthode de leur choix. Ce n’est aujourd’hui pas le cas.
- Que tous les moyens de contraception soient remboursés par la sécurité sociale. Pour un anneau vaginal, une pilule de troisième génération ou un préservatif féminin, il faut pourtant encore mettre la main au porte-monnaie.
Les textes existants permettent donc de répondre aux principales difficultés soulevées par le rapport. Le problème ? Une absence de moyens et de volonté politique. Les choix du gouvernement auquel appartient Roselyne Bachelot comme la suppression de postes dans les hôpitaux montrent une contradiction à laquelle la ministre doit répondre.
On ne peut défendre le droit à l’avortement et à la contraception en agitant simplement des grands principes. Il faut que le gouvernement, c’est son rôle, fasse respecter la loi. Osez le féminisme demande à la ministre de passer des déclarations aux actes. 35 ans après la loi Veil, il est plus que temps que le droit à l’avortement devienne une réalité pour toutes.
Contact presse : Magali De Haas
06 85 81 39 41, contact@osezlefeminisme.fr