Campagne de la fondation Brigitte Bardot : Osez le féminisme écrit au Monde
La dernière campagne de la Fondation Brigitte Bardot et de la Sea Sheperd Conservation Society montre un dauphin éventré et son fœtus également mort à ses côtés, tout ceci sur le ventre d’une femme enceinte. Le slogan de cette campagne est « Stop aux massacres des dauphins ».
Une association d’images scandaleuse proche de celles des organisations anti-avortement
Osez le féminisme ! dénonce l’association de toutes ces images (fœtus mort, femme enceinte, mot « massacre »), qui fait dangereusement écho aux campagnes qui prolifèrent sur Internet dénonçant l’avortement comme une « tuerie » ou un « génocide ».
Cette image ne devrait pas avoir sa place dans un grand quotidien comme le vôtre, particulièrement dans un contexte de remise en cause du droit à l’avortement par les fermetures nombreuses de centres IVG. Le droit à l’avortement est un droit fondamental des femmes à disposer de leur corps, de choisir d’être mères ou pas, et le moment de l’être : c’est une des condition sine qua non de l’émancipation des femmes.
On pouvait s'attendre à ce type de message de la part de la fondation Brigitte Bardot, qui a dans le passé confié plusieurs de ses campagnes à l'agence de communication Riwal. Fondée et dirigée par des anciens du GUD, mouvement étudiant d'extrême droite radicale des années 1990, cette agence a également travaillé pour le Front National, dont les positions en matière de droits des femmes sont particulièrement rétrogrades.
« Le Monde » doit faire une mise au point rapide
L’affiche de cette campagne a été insérée en tant qu’encart publicitaire dans l’édition du journal « Le Monde » datée du 30 septembre 2010, en page 7.
Quelle que soit l’opinion de chacun sur la pratique du « Grind » en Mer du Nord, il n’est pas tolérable qu’un journal, pour des raisons financières, publie un message qui va clairement à l’encontre du droit des femmes à disposer de leur corps.
Osez le féminisme a envoyé ce matin une lettre à la fondation Brigitte Bardot pour exprimer son inquiétude ainsi qu'à Eric Fottorino, Président du Directoire de la Société Editrice du Monde et Directeur de la Publication du Monde (voir ci-dessous), pour demander une mise au point de sa part dans leur prochaine édition.
Que faire ?
>> Ecrivez à la fondation Brigitte Bardot pour dénoncer cette campagne : communication@fondationbrigittebardot.fr
>> Ecrivez au Monde pour demander une mise au point : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr